Terres Puègmirol dans les Royaumes Renaissants Index du Forum
[RP] Nous ne voulons plus d'1 Destin, mais d'une Histoire !

 
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Shera
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MessagePosté le: Mer 18 Aoû 2010 - 10:31    Sujet du message: [RP] Nous ne voulons plus d'1 Destin, mais d'une Histoire ! Répondre en citant

Ce fut un étrange spectacle qui fut donné à voir aux Pavonesi ce dix-huitième jour du mois d'Agost de l'an de Grâce 1457.

Viennent d'abord trois éclaireurs, emmenés par Gauvain (qui signifie faucon de la plaine), bien connus de ces terres qu'ils foulent de leur rapide destrier, de petites montures somme toute, à la robe alezane mais stratégiquement choisis par la Dame pour leur remarquable endurance, leur énergie constante et leur vivacité qui en font d'excellents galopeurs.
L'homme lève un regard vers le majestueux Castello de Pavone qui s'élève sur la sommité du village ; son coeur se met à battre, sa respiration s'accélère. Il est de retour sur sa terre natale. Il fait signe au Jehan, qui se met à remuer des drapeaux de couleurs différentes sur un rythme différents. Une série en vue du château. Ils attendent la réponse. Ça y est, les Pavonesi, et tous particulièrement les gens du château sont avertis de l'Arrivée .... Une autre série en direction du cortège, qui les suit de loin, à pas d'hommes. Puis, nos trois éclaireurs passent leur chemin.

Les minutes s'écoulent et le paysage gris vert de cette aube laissent apercevoir plus que des contours. Des minutes, aussi longues que ces mois loin du Château, loin de l'être aimé ... L'air est frais, les bruits du cortège se font de plus en plus clairs. Des chevaux qui s'ébrouent, des chariots qui font place nette sur cette terre plus sèche qu'à l'accoutumée bien que considérablement ramollie par la fraîcheur de la nuit, des éclats de voix et d'autres murmures, des dialectes différents, ... Un souffle de vent.
Un souffle de vent qui apportent avec lui des odeurs ... des peaux, du cuir, de la charcutaille, des fromages aussi, du bois hum l'odeur du bois mêlée aux épices est divin ; et dans ce méli mélo odorant, une effluve un peu plus âcre ... mais oui, c'en est ... de la teinture, l'odeur de la teinture pour tissus ... Qu'est-ce là donc que ce riche marchand ?

Le temps nous livre son secret. Car, le temps d'une consomption de bougie, et voilà le reste de la troupe qui passe là où les éclaireurs les ont devancés. Il y a là quatre cavaliers, et un écuyer, autour de ce qui semble être un chevalier. Ces derniers sont reconnaissables à leur équipement aussi lourd que coûteux, et il faut le souhaiter, efficace ...
Au centre de ce "tas de ferraille", se trouve un frison de taille moyenne couvert d'un grand et long caparaçon or et pourpre armorié à un blason portant les mêmes couleurs, ainsi qu'une croix blanche sur fond rouge et un paon dans la partie or. Le paon, l'orgueilleux, le vaniteux ... mais oui, c'est bien sûr !

La dame de Pavone ! Celle qui se faisait appeler Shera-la-Bohémienne avant même d'être mise à la porte de sa châtellenie, et bien avant même de prêter allégeance à sa Grâce Eddo de Puegmirol, et de devenir, envers et contre tous, Dame de Pavone Canavese, dont elle arborait en ce jour fièrement l'écu à la senestre. Heaume, gantelets, cuirasses, épée, écu, rien ne manquait, si ce n'était la lance portée par son écuyer, le jeune et ancien Drille repêchée au fin fond d'une taverne mal fréquentée de la châtellenie de la Malemort.
Un geste de main et Ramulf le Mufle, son homme de main particulier et particulièrement brute, fit arrêter l'ensemble du convoi. Thomassin le Nain courut au troisième chariot, du plus vite que lui permettait ses petites jambes.
Shera retira son heaume, qu'elle abandonna au bon soin de Rodolphe. Elle admira la scène qui se jouait devant ses yeux fatigués mais perçants ...

Les ans étaient passés, avec eux, sa virginité, ses désirs de vengeance, ses trente printemps, ses amours comme ses ennemis, sa soif de conquêtes et ses défis toujours aussi ahurissant les uns que les autres. Depuis combien de temps n'avait-elle pas foulé le sol Savoyard, et tout particulièrement celui de son fief ?! Il lui semblait une éternité. De guerroiements en arrangements, d'espionnage en fuite, c'est finalement dans le commerce qu'elle avait fait fortune.
Elle avait trouvé moyen d'allier la nécessité de subvenir au rang de vie de son fils, à son besoin de voyager, à la nécessité d'une armée et à l'utilité des roulottes, dont le premier modèle lui avait été offert par le Gros Louis du Bourg Saint Maurice, gens de feu Sieur Phaco. De combines en terreurs, de magouilles en séduction, de négociation en force de conviction, elle était devenue une femme de biens, faute d'être devenue une femme bien (entendez par là jeunes lecteurs, une femme comme il faut pour l'époque, respectable de sa condition et répondant aux convenances du ban et de la société médiévale).
Visage au vent, les yeux dirigés vers le Castello di Pavone, elle imagina ses vieilles pierres, son charisme presque surréaliste et son décor enchanteur. Il lui semblait apercevoir dans le jour qui se levait, ce puissant mur d'enceinte, où devait grouiller et s'amalgamer toute une masse d'hommes prêt à en découdre ; inspiration, sentiment de majesté et de sécurité. Expiration, sensation de paix et de soulagement. Elle y était.

D'une main légère, elle rattrapa ses longs cheveux couleur corbeau et en fit un chignon qu'elle serra rudement à l'aide de son foulard rouge, celui là même qui avait fait moultes polémiques dans l'enceinte de l'Ordo Sanctii Georgi. Thomassin le Nain arriva juste à temps pour qu'elle se coiffe de sa couronne. Elle se rappelait encore la douceur avec laquelle le héraut savoyard Kekione la lui avait remise, et surtout toute la compréhension dont il avait su faire preuve à son égard.

Une couronne de Dame et voilà qu'elle se sentait Reine ... étrange comme le Destin parfois se rappelle à vous ! Aurait-elle pu rêver mieux si elle avait été autre ? si elle avait été reconnu par son père ? Si elle n'avait pas été bastarde ? ... Ses yeux glissaient sur la superbe muraille et sa double enceinte, là bas, dans le lointain. Elle laissait son esprit parcourir les lieux, comme si elle y était déjà : les vignes tout autour, les champs et puis brusquement, comme sortis des nuages, les remparts crénelés, la tour, le pont médiéval, la partie basse avec ses gens  bruyants mais aimants, et la partie haute. Son domaine, sa demeure !   ... en pensée, elle voyait la merveilleuse cour Noble, avec le suggestif puits des mystères, les salles et salons d'un beauté incontestable, et le  luxurieux parc dans lequel trônait la chapelle romane Saint Pierre.
Dans sa tête, elle traversait tout cela, passait avec hâte l'entrée, et se voyait déjà en train de parcourir ses nombreux salons , récits à part entière de ses voyages : des fresques réalisées par des artistes de l'école lambardo-piémontaise, aux meubles de valeur en bois exotiques, en passant par de folles et coûteuses collections de tableaux italiens, en anciens manuscrits mis sous verre, et bien sûr sans oublier l'incommensurable collection d'armes !
Finalement, la légende disait peut être vraie. Les vieux du village disait qu'il existait une Histoire sur le château ; l'on disait de lui qu'il transmettait la chance, l'amour et la prospérité à tous ceux qui y séjournaient. Et tout cela lui souriait.
Depuis elle le revendiquait haut et fort, partout où elle allait, elle disait : "Nous, Pavonesi, nous ne voulons plus d'un destin, nous voulons une Histoire !"
...
Si faire des affaires avec la famille Sforza n'avait pas été une mince affaire, on pouvait dorénavant affirmer qu'elle lui ramenait gros. Mais qui aurait pu le dire puisque à part sa Grâce Eddo, personne ne pénétrait jamais ici. Et pour cause : c'était en quelque sorte l'antre, dans laquelle elle protégeait son fils du Royaume depuis plus d'une dizaine d'années  ....
Que viendrait-il à entendre sur sa famille ? Une bohémienne de mère ? Un baron cochon de père ? Une relation hors des liens du mariage ? Une tante dont les mains ont plus de pouvoir que l'armée du Roy de France ? ...

- Z'étiez contente Dame, de r'voir vot' fiston ? C'est qu'vous allez avoir à en lui raconter ..., interrompit Rodolphe.
- Non, il n'est pas au Castello. Il est quelque part en Franche Comté. Je ne voulais pas refuser d'honorer mon Suzerain, mais je voulais à tout prix éviter qu'Angel voit cela ...

Shera tourna le visage en direction des roulottes qui abritaient mille trésors, dont de petits enfants à la peau foncée, le tout encerclé par des hommes d'armes.

- J'comprends d'onc pas ! Le fiston y voit bien les écus qui coulent à flot dans la maison. Sinon comment qui f'rait pour d'venir un vrai ch'valier ?
- Toi, on sait que je ne t'ai pas choisi pour tes lumières ...
- ... ??? ...
- Ton intelligence je veux dire. Pas les roulottes bougre d'idiot ! Madre de déu ! Pas ça mais Eux !

Elle fit un geste large et projeté. Elle désignait là une vingtaine d'hommes et de femmes étranges, à la peau aussi noire que ses cheveux, et au nez autant écrasé que les semelles de ses bottes. En guise de chevelure, ils avaient des bouts de fils rêches, tout court. Elle n'oublierait pas de demander à Eddo si l'on pouvait en faire des peaux ...

- Ah les bêtes là !!! C'est qu'faut l'dire. Faut appeler un mouton un mouton, une bête de trait une bête de trait, un souriceau un ...

- Rhaaa, oui oui j'ai compris. Fait donc attention à mon écu, va pas me semer l'or ! Ils ne sont rien de tout ça ! Ce sont des Nubiens, je te l'ai dit un bon millier de fois.
- Mouais bah drôle de lubie ! Des noirs ... va-t-on savoir s'y mord'pas ?!
- Nous n'avons pas à juger, Rodolphe. Mon suzerain me l'a demandé comme une faveur, comme ... de toute façon, c'est mon suzerain, j'allais pas refuser quand même ! J'pensais qu'c'étaient ses dernières volontés, il était sur son lit de mort ... Je ne m'imaginais pas avoir vraiment à les acheter au marché et traverser un bout du Royaume de France et un bout de l'Empire, pour les ramener en Savoie, fraîchement débarqués des ports sudistes. Sa grâce Eddo n'est pas mort, que voulais tu que je fasse ! J'avais pas le choix.
- Bah c'est qui nous ont coûté en nourriture, eau et couverture les bestiaux !!! Sans compter qu'à cause de leur saleté de peau toute barbouillée, on a récolté les r'gards curieux, mais on a aussi failli écoper d'la prison ... et p't'être qu'on a échappé à des attaques !
- Je les ai achetés. J'avais les laisser passer, j'vois pas c'qu'on risquait. Tu es vraiment trop idiot ! Porte et tais-toi !
- Tsss bon diou d'bestiaux ... quand m'me
- Ce ne sont pas des bestiaux ! Tais toi, on va se remettre en marche. L'idée d'un bon bain et d'un repas chaud me ravit !
- D'façon y comprennent pas not'langue. 
- Tais toi quand même où je te fais mettre au cachot en arrivant ...


Et le silence revint. Enfin, celui de Rodolphe.
Nouveau signe à l'attention de Ramulf-le-Mufle. Le cortège se remit en branle, laissant passer les roulottes, les Nubiens, les chevaux et quelques animaux rares, le tout sous bonne escorte.


Voilà donc comment recommence l'Histoire de Shera, de retour sur le fief de Pavone ...
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MessagePosté le: Mer 18 Aoû 2010 - 10:31    Sujet du message: Publicité

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